Les trente glorieux

Non, non, je vous rassure, ce titre n’a rien à voir avec cette période rêvée d’après-guerre ou Moulinex libérait la femme pendant que la ménagère accomplit délivrait son quinzième troisième enfant.

Car, si l’on doit parler de croissance économique, je peux vous affirmer sans détour que la mienne est actuellement, à forte tendance négative. Ma condition de vie ressemblerait plutôt à un état de siège : pouf une bombe sur ton travail, pouf une autre sur ton compte en banque et une troisième sur ta dernière année dans le club des vingtenaires (oui chez moi les bombes font pouf, des bombes de filles quoi).

Mais avant de parler de mon PIB plus ou moins égal à celui du Sénégal (25ème au palmarès des nations les plus pauvres tout de même), mon statut de chômeur (avec un accent circonflexe s’il vous plaît), et de femme nullipare (là y’a rien à dire), revenons à l’origine du mal :

 LE PASSAGE À LA TRENTAINE

YEAH

 Pourtant elle aime tout ce qui est vintage et brandit à tout vent comme un soutif soixante-huitard son étendard « Plus c’est vieux, plus c’est mieux »

 *cette affirmation ne fonctionne ni pour les hommes, ni pour les bananes et encore moins pour les politiciens.

Et puis quoi ? Vous allez me dire que j’en fais des tonnes pour une petite dizaine de rien du tout ? Et bien sachez que pour une angoissée de la vieillesse comme moi, cela vaut son pesant d’or (et de l’or mon banquier sait combien il m’en manque) !

Oui, je vais avoir trente ans, oui, je n’ai ni travail ni enfant, alors que ma meilleure amie, de cinq mois ma cadette, cumule déjà deux ans de vie maritale et huit mois de statut de mère épanouie. Et j’en passe sur l’achat de la deuxième voiture, le projet immobilier et le PIB au moins égal à celui du Cap-Vert. En attendant, celle qui est verte de jalousie peur, c’est moi!

Heureusement, le monde merveilleux de Facebook est là pour te faire relativiser. Une fois que tu as dépassé le stade du « je vais lui faire bouffer son coussin d’allaitement » en découvrant que ta quinzième best friend forever du collège vient de mettre au monde sa deuxième merveille, tu peux allègrement t’attarder sur le profil des copains de galère (coucou les musiciens et autres artistes/ingénieurs du son/hippies). Mon but n’étant pas d’éradiquer toute ma communauté zuckerbergoise (accroche-toi pour le lire autant que moi pour l’écrire) avec mon premier article, je vais revenir à ma farce et à ce qui nous préoccupe tous : la descente d’organe le vieillissement.

Effectivement, tout est relatif, mes ovules ont encore de beaux jours devant eux (alléluia). Cependant, la pression sociale appuie de plus en plus là où ça fait mal. Avoir un enfant à vingt-neuf ans en 2016 ne te vaudra pas un lynchage public. Au contraire, il semble assez répandu de s’installer dans sa vie professionnelle avant de songer à la procréation. Par contre, je préfère te prévenir, tu n’auras pas le temps de t’arrêter au bord de la route pour cueillir des fleurs. À partir du moment où tu poses ton pied dans ta vingt-neuvième année, le compteur s’emballe. TU ES FOUTUE ! Et tu ne trouveras d’aide nulle part, pas même chez tes  chers parents qui, malgré leur apparente compréhension n’hésiteront pas à te faire remarquer qu’à ton âge, eux, des enfants, ils en avaient déjà deux…

Tu as donc bien compris qu’à l’aube de tes trente ans, ton plus gros problème dans la vie c’est ton emploi du temps. Il va falloir caser dans tes cinq prochaines années, un travail, un enfant et un prêt pour t’acheter un nouveau matelas (à changer tous les dix ans). Il ne faudra pas non plus oublier de penser à faire le deuxième (l’enfant ou le prêt, c’est toi qui choisis) avant que ton horloge biologique sonne le glas !

Alors, accroche tes mains à ma taille petite chenille, pour pas que ta cuti (qui pour info signifie également « congé maternité » en indonésien, et oui) se barre et fais comme moi, essaye de prendre la vie comme elle vient. Car comme dirait le philosophe Edgar Christian Morin, la roue tourne ! Et tant pis pour le PIB et tant pis pour les bibs !

Allez, il nous reste 284 jours pour nous préparer…

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